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Entretien accordé au quotidien  » l’expression « 

 

1- La chute des prix du baril imprime une sérieuse inquiétude pour l’opinion nationale. Qu’en pense le CNES? Comment votre institution analyse-t-elle la situation économique du pays ?

L’inquiétude de l’opinion nationale face à la chute des cours des hydrocarbures sur le marché international est compréhensible du fait que le caractère mono rentier de cette ressource est d’une portée considérablement anxiogène au regard du haut degré de dépendance en lequel se trouve enserrée notre économie : 96% des recettes en devises, une fiscalité pétrolière couvrant les 2/3 des recettes fiscales et  une valeur ajoutée avoisinant les 33% de la valeur ajoutée globale. Face à ces éléments contextuels, il importe au plus haut point que les pouvoirs publics  réagissent par un  » parler vrai  » susceptible, à tout le moins, de convaincre de la pertinence des inflexions correctives envisagées à cet égard.

A ces divers titres, l’instance consultative qu’est le CNES ne pouvait manquer de faire état de ses préoccupations, et ce très tôt au demeurant, plus précisément dès la tenue des  » 1er états généraux de la société civile  » (fin juin 2011). A ce propos, il n’est que de se reporter aux préconisations issues de cette rencontre inédite. Le CNES n’a donc pas attendu les infléchissements récents de la conjoncture énergétique pour manifester son inquiétude et, subséquemment, sa position de principe de récusation d’un modèle de croissance adossé à la seule rente pétrolière. Cette position s’est trouvée encore davantage confortée à l’issue de la mission exceptionnelle dont le Président de la République a chargé le CNES lors du Conseil des Ministres du 02 mai 2011, consacré sous l’intitulé générique suivant :   » Développement local versus les attentes citoyennes « . L’une des  » 50 recommandations  » ayant ponctué cette mission hors format que j’ai eu le privilège de conduire durant cinq mois et demi à travers l’ensemble du territoire national, dresse d’ailleurs un plaidoyer explicite en faveur d’un  » nouveau régime de croissance « , créateur de valeur ajoutée et d’emplois décents et durables, le tout passant par la diversification de l’économie et son ancrage dans la chaîne de la valorisation internationale. Cette même position a été réitérée lors du  » Forum économique et social du Cinquantenaire  » organisé par le CNES, placé  sous le Haut patronage du Président de la République et solennellement ouvert par le Premier ministre.

Ce rappel succinct témoigne éloquemment de la constance du suivi/évaluation du CNES quant à la situation économique du pays. Aussi, comprendrez-vous aisément  que le CNES est plus que jamais dans cette posture au moment où les indicateurs de conjoncture sont entrés  effectivement dans la zone rouge, ce qui se donne volontiers à lire à travers les soldes globaux de la balance des paiements extérieurs, soulignant ainsi la vulnérabilité de l’économie nationale à toute volatilité des paramètres exogènes. Par ailleurs, tous les signaux en termes d’évolution de l’offre et de la demande mondiales en hydrocarbures  soulignent des tendances d’autant plus évanescentes s’agissant de l’Algérie que le prix d’équilibre budgétaire restera sur le court terme nettement supérieur  à cette évolution. Pour autant, le CNES soutient qu’il ne faut point céder à la panique puisque l’évaluation de la situation macroéconomique du pays permet d’affirmer que l’Algérie a théoriquement les moyens de faire face à cette situation car disposant d’une latitude appréciable, grâce aux politiques conservatoires et prudentielles antécédentes (FRR et réserves de change). Il reste que  » l’Etat stratège  » et  » planificateur en chef  » se doit de décréter haut et fort la fin de la période d’aisance financière, pour laisser place à une stratégie de long terme ayant vocation de tenter de mettre l’économie et la société à l’abri des chocs brutaux. Du reste, c’est bien cette perspective axiale qui est fortement privilégiée par les mesures endossées au cours du Conseil des Ministres restreint, tenu le 23 Décembre 2014. Ces dernières sont en effet de nature à contenir, à court et moyen terme, les dépenses publiques dans des limites raisonnables et à maîtriser les importations, induisant sans nul doute, une meilleure rationalisation dans la gestion des ressources de l’Etat et une préservation des équilibres internes et externes. Ces mesures constituent ce qu’on qualifie couramment de quick wins (à effets immédiats), en attendant le plein déploiement, dans le cadre du  » plan quinquennal 2015-2019 « ,  de la stratégie visant une transformation structurelle de notre modèle de croissance dans le sens d’une plus grande diversification assurant une meilleure résilience de l’économie par rapport  aux chocs externes, dont singulièrement celui résultant de la volatilité du marché international des hydrocarbures. S’agissant de la situation socio-économique globale sédimentée lors de la décennie précédente à la faveur d’un contexte international autrement plus favorable, il nous faut également enregistrer le rattrapage historique opéré sur toute la gamme des infrastructures de base, rattrapage dont les éléments matriciels ont leur traduction dans la courbe du développement humain retracée par les récentes versions du  » Rapport mondial sur le développement humain  » publiées par le PNUD. Nous aurons certainement l’occasion de revenir très prochainement sur l’ensemble de ces aspects, à la faveur de la publicisation de  » l’Etat économique et social de la Nation « , dédié à l’analyse des stocks et du  » Rapport de conjoncture  » dédié, quant à lui, à l’analyse des flux.

A ce stade, enregistrons que l’argent du pétrole a permis de mettre en place les conditions humaines et logistiques d’une croissance et d’un développement durables. Nous avons deux facteurs clé de cette configuration ; le capital humain pour lequel l’Etat a beaucoup investi et le capital financier dont le niveau, rapporté notamment  à l’épargne des agents économiques dont singulièrement celle des ménages, reste considérable. L’économie algérienne a atteint une taille critique qui lui permet, désormais, de repenser autrement sa croissance, ses sources d’accumulation et ses dynamiques d’insertion dans l’économie mondiale.   A ce stade, des éléments de stratégie se dessinent clairement : poursuivre les programmes ayant un effet structurant, ralentir certains autres investissements en les conditionnant à une reformulation appropriée des politiques qui les sous-tendent, entreprendre et/ou encourager et accompagner des investissements de valeur ajoutée avérée, à faible ou moyenne intensité capitalistique et de prolongement des chaines de valeur, ce qui est généralement le propre de la PME/PMI/TPE et des Start Up, en particulier sur toute la ligne de crête de la Knowledge Economy, mieux exploiter les gisements et les potentiels de croissance existants dans différents secteurs d’activité économique et dans certaines branches et filières.

Dire cela ne suffit cependant pas. La nouvelle phase de développement qui s’offre à l’Algérie est riche en perspectives d’entreprise. Il faut cependant convaincre l’opinion et les acteurs socio-économiques (et les médias sont bien placés pour le faire) que l’aventure de l’Algérie ne fait que commencer. Il faut s’assurer d’une montée en cadence graduelle devant déboucher sur une dynamique de croissance vertueuse, les hydrocarbures servant d’appoint non négligeable. Nous sommes dans une phase cruciale de l’histoire économique contemporaine de l’Algérie : ou les forces de la rente imposent leur diktat tout en installant la sinistrose continûment, par leur capacité à ponctionner et de stériliser les surplus, ou les forces de progrès, adossant leur engagement à une forte  » éthique de la conviction  »  et/ou  » éthique de la responsabilité  » selon l’acception de Max Weber, s’imposent comme alternative d’un défi aux dimensions considérables, et dont l’enjeu n’est autre que de faire de l’Algérie un pays émergent à la hauteur de ses positionnements politiques, historiques et géostratégiques. Il y a bien entendu un certain nombre de réglages à faire dont le plus important à mes yeux est celui déjà évoqué et qui tient au rehaussement/sublimation du rôle de l’Etat à la fois comme Etat Imperium et Etat stratège, apte non seulement à élever sans cesse les référentiels de son action normative, mais aussi et dans le même temps volontiers ouvert à concéder aux  partenaires socio-économiques et aux espaces intermédiaires de la société civile organisée des plateformes de subsidiarité et d’habilitation leur permettant une plus grande contribution dans la régulation, l’initiative et la prise en charge sociale d’un certain nombre de préoccupations qui, pleinement appropriées par ces strates périphériques,  gagneraient en efficacité et en légitimité. C’est en tout cas l’une des grandes leçons retenues à la suite de l’auscultation des territoires opérée par le CNES au second trimestre 2011, tous acteurs confondus (exécutifs, assemblées élues et société civile/mouvement associatif, aux divers échelons locaux et locorégionaux).

Cette mutation aura pour effet un plus grand développement des espaces de marché et une rationalisation de l’utilisation des ressources publiques, en particulier à des fins de protection sociale. En effet, lorsque l’on analyse la situation économique de l’Algérie, on est frappé par deux types et facteurs d’inertie : la médiocrité des espaces et des activités de marché (immobilier, financier, bancaire, foncier, du travail, etc.) d’une part, et le poids exorbitant des dépenses sociales sans que leurs impacts n’aient jamais été mesurés, d’autre part. Il faut regarder à tout cela de plus près, et c’est ce que nous avons commencé à faire en collaboration avec les partenaires mexicains du Conseil national d’évaluation des politiques sociales (CONEVAL), instance qui a construit et paramétré une  » boîte à outils  » absolument exemplaire et référentielle, ayant pour vocation de veiller à l’observance de l’équité dans la production des politiques publiques dédiées au champ du social. Les travaux et publications de Thomas Piketty et du prix Nobel Joseph Stieglitz sont à cet égard pleinement illustratives de ce prérequis quant à la robustesse et à la durabilité de la croissance économique comme telle.

2- Le FMI a fait état de sombres prévisions pour l’Algérie en 2015 en affirmant que notre pays sera dans une situation économique et financière délicate d’ici 2016. Qu’en pense le CNES ?

La baisse des cours du pétrole suscite, en effet, de nombreuses inquiétudes, dès lors qu’après presque une année de récession, aucun signe de reprise forte ne se manifeste sur les marchés. Il faut toutefois considérer que les conséquences, pour l’économie nationale, se situent davantage sur le moyen terme que sur le court terme.

Sur le premier point, les marchés pétroliers sont incertains et l’arrivée à grande échelle des gaz et des pétroles de schistes ne fera que compliquer les problèmes de lecture des conjonctures et des structures. Les prévisions de croissance dans les différents points du globe sont l’objet de révisions incessantes, inscrites au registre des difficultés de décryptage des nouvelles tendances de marché. En outre, la présomption est forte que la crise financière de 2008, héritée de la politique des  subprimes, n’a pas encore complètement absorbé toutes ses externalités négatives. Plus concrètement parlant, il s’agit de mettre en œuvre quasi immédiatement des stratégies ad hoc, à l’effet d’en récolter les fruits sur le long terme, s’agissant de la balance des paiements et du budget de l’Etat, tout autant que celles orientées diversification du PIB, compétitivité des exportations et amélioration des capacités concurrentielles sur le marché intérieur.

Quoi qu’il en soit, donc, le FMI a revu à la baisse ses prévisions pour l’année prochaine. Selon cette institution, la croissance serait moins vigoureuse que celle prévue initialement, le déficit de la balance courante plus important, alors que  le chômage connaîtrait une légère hausse. Ce n’est pas pour autant que la situation financière du pays serait délicate. Elle ne le deviendrait dans le moyen terme que si le prix du baril se maintiendrait à son niveau actuel, comme précisé par la réponse à la première question, et que  rien ne serait tenté  pour ajuster la macroéconomie du pays dans le sens d’un encouragement de l’outil de production et de la préservation des équilibres sociaux. La relance financée et encadrée par l’Etat depuis plus d’une décennie devrait laisser progressivement la place au secteur marchand, public et privé confondus. A cet égard, on peut souligner qu’il est grand temps de réunir les moyens  de mobilisation de l’épargne privée qui de fait a été évincée au moins indirectement par l’importante épargne publique. Le régime des incitations est le second élément essentiel pour un réengagement plus puissant du secteur privé. Jusque là, ce régime  a été entaché de lourdeurs bureaucratiques et d’inefficacité qui ont généré  des coûts de transaction outrageusement élevés, au point de stériliser les incitations elles mêmes. Par ailleurs, ce régime devrait être adapté scrupuleusement à une stratégie globale mais  sectorielle aussi. Il  ne prouvera sa pleine efficacité que  lorsque les efforts du secteur privé   deviendront compatibles avec l’intérêt général incarné par l’Etat.

3- Le gouvernement semble actionner tous les leviers pour surmonter une grave crise économique et financière. Pour cela, il a sollicité l’Ugta, les patrons et des partis politiques. Y-t-il un rôle attribué au CNES ?

Le CNES, institution républicaine jouissant de la capacité mandataire légale attachée à sa vocation d’instance consultative, constitue en réalité une véritable table de la concertation nationale autour des parties prenantes concernées, ayant tout naturellement la charge de la conduite d’un dialogue social et civil avancé. A ce titre donc, le CNES exerce sa mission normalement sous la double modalité de la saisine et de l’auto saisine. C’est ainsi, en l’occurrence, que peu après que le Gouvernement se soit doté d’un programme d’action pour 2015, le CNES s’est doté d’une feuille de route visant le suivi/évaluation de ce même programme 2015 incluant les éléments d’esquisse implicites et/ou explicites ressortissant à la période quinquennale dans laquelle s’insère le segment de 2015. Cette  » feuille de route  » du CNES, qui a fait l’objet d’un acquiescement  de principe du Président de

la République, a également donné lieu à un échange approprié avec le Premier ministre de sorte à en garantir l’exhaustivité, la pertinence et l’intégrité/impartialité. C’est ce qui explique que  » le rôle attribué au CNES  » que votre question soulève, rencontre les conditions de sa résolution  mécaniquement pour ainsi dire, puisque qu’il s’agit d’un rôle  » sui generis « , allant donc de soi. C’est au demeurant ce qui m’a pleinement habilité à vous fournir les éclairages en ce qui est des deux questions précédentes.

Au surplus, toujours en rapport avec les décisions du Conseil des Ministres du 02 mai 2011 sus-évoqué sous l’intitulé générique de la concertation nationale sur le développement local, et dont l’animation a été confiée au CNES, celui-ci s’est vu  également confier  » le suivi du développement de l’économie hors hydrocarbures et particulièrement de l’entreprise, de sorte à recommander les mesures complémentaires ou les correctifs qu’il serait utile de prendre en charge  » -fin de citation-.

Voilà donc ce qui me paraît répondre globalement à votre préoccupation quant au  » rôle attribué au CNES « , et qui indique clairement que cette instance consultative a un rôle clé à jouer dans le large cercle de la concertation inclusive institutionnelle aussi bien que péri/para institutionnelle, initiée par le Gouvernement. Vous me permettrez, enfin, d’ajouter que sur le mode de l’auto saisine, le CNES mène actuellement une réflexion approfondie sur l’Etat développementaliste et les modalités et moyens de son action, à l’aune des standards universels de la  » bonne gouvernance « , et ce dans le droit fil des engagements de l’Algérie à l’endroit du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), tant il est vrai qu’un nouveau régime de croissance économique est étroitement consubstantiel à un remodelage conséquent de l’ensemble des strates de la gouvernance incluant la gouvernance d’entreprise ou  » corporate governance « , selon l’anglicisme  désormais consacré. Cette perspective axiale a, par ailleurs, sa pleine réfraction dans le champ de  » l’Agenda Post 2015  » que s’est donné la communauté internationale pour l’atteinte des  » Objectifs de développement durable  » (ODD).

4- Le ministère du commerce vient de lancer l’opération  » consommons algérien « . Pensez-vous que c’est la bonne formule pour relancer la production nationale ?

Certes, des initiatives sont prises actuellement dans le sens d’un certain nationalisme économique. Il faut saluer tout ce qui peut diminuer la facture des

importations qui, comme on le sait, ont augmenté plus rapidement que toutes les variables macroéconomiques pertinentes. Nous ne connaissons pas d’évaluation précise sur les retombées potentielles d’un assainissement du commerce extérieur (lutte contre la surfacturation, la corruption etc.) et les gains d’un  » consommons national « . Il ne faut pas  perdre de vue que l’essentiel des  importations  va à l’outil de production et à la satisfaction des besoins essentiels de la population. Dans le long terme, la  structure des importations n’a pas changé ; ce qui devrait donner lieu à une évaluation sereine des politiques en la matière. Les politiques de court et moyen terme ne pourraient donner des résultats que si elles sont suivies de politiques structurelles visant l’offre.  C’est la seule manière de sortir du cycle que nous impose actuellement la nature de notre contrainte extérieure et qui se résume en le couple alternatif suivant : serrer la ceinture quand le pétrole se vend mal et la desserrer quand il se vend bien. L’  » encadrement  » des importations devra être mené avec soin  pour ne pas étouffer la production nationale, pour rester dans le rythme choisi pour faire son entrée  » gagnante  » dans la mondialisation : le cas de la Chine est particulièrement instructif à cet égard. Dans le long terme, la seule manière de contourner la contrainte externe, qui s’exprime in fine par la certitude/incertitude de disposer de recettes suffisantes en devises pour le paiement des importations, consiste à faire de la substitution d’importation  » intelligente  »  en : i) encourageant la production nationale (régime des incitations) ; ii) en mettant à niveau la production nationale (diversification, normalisation et sophistication) et iii) en diversifiant les exportations. Quel que soit l’angle d’analyse, nous revenons toujours à la question de la diversification qui semble actuellement faire consensus chez tous les acteurs de l’économie et de la société.

Il ne faut pas voir dans cette opération un regain de patriotisme économique qui peut paraître désuet à l’ère de la mondialisation, mais davantage un effort de mise à niveau de l’offre par rapport à des critères de qualité alignés sur les standards internationaux, de reconquête du marché intérieur qui subit les assauts répétés d’une concurrence déloyale générée par une ouverture débridée du commerce extérieur et d’une prise de conscience du consommateur de sa capacité à participer activement  à la régulation des marchés et à la croissance économique. D’où la nécessité de mettre en place les éléments d’une démarche qualité à travers la normalisation, la certification et la labellisation et ayant surtout pour visée de porter l’offre sur les segments déficitaires, là où la substitution des importations est la plus avantageuse avec un effet  » valeur ajoutée  » significatif (je pense notamment aux services) et comportant des avantages compétitifs irrécusables. De ce point de vue, les niches les plus remarquables se rencontrent dans l’agriculture, dans l’industrie minière, dans le tourisme, dans l’artisanat, dans l’industrie des pondéreux et dans de nombreuses autres chaines de valorisation manufacturières.

Je veux dire qu’une campagne du genre  » consommons algérien  » sans prolongement stratégique au niveau de la production, peut aisément se réduire à un feu de paille. C’est là qu’interviennent les exigences d’une politique économique de l’offre pensée et construite, ainsi que celles propres aux régulations publiques soucieuses de la protection des marchés, tout en offrant au consommateur des possibilités de choix portés par une concurrence loyale  et vertueuse.  L’ensemble des acteurs est concerné par cette problématique. Il ne s’agit plus d’une relation univoque avec comme  » point de départ l’Etat  » et  » point d’arrivée l’Etat  » ou comme  » point d’entrée les ressources publiques  » et  » point de sortie les profits personnels « . L’engagement des opérateurs économiques privés, par exemple, est devenu une exigence majeure dans la réussite des processus de transition.

5- Le Président de la République vient de donner son aval à la création de deux institutions ayant maturé au sein du CNES, puisque ont été signés par ses soins, d’une part, le décret portant ratification de l’Accord de création de l’UNU-IRADDA et, d’autre part, le décret portant création de l’Académie des Sciences et des Technologies d’Algérie (ASTA). Pouvez-vous nous en dire un peu plus, s’agissant de ces deux entités emblématiques ?

Il est bien vrai que ces deux entités ont fait l’objet d’une incubation/maturation au sein de notre institution, sur le mode de l’auto saisine, avec le plein assentiment et le soutien irremplaçable du Président de la République. Toutes deux sont natives d’un processus d’envergure entamé à la faveur de la conduite par le CNES de deux réflexions lourdes de portée transversale et stratégique, l’une dédiée à  » l’ l’Economie fondée sur la Connaissance  » (EFC), et l’autre dédiée au  » Développement durable « . La première réflexion a inspiré l’intérêt porté à la création de l’ASTA, partant de la conviction largement partagée que la masse critique avait été atteinte en Algérie pour ce faire. Quant à la seconde réflexion, elle a tout naturellement inspiré l’intérêt porté à la création d’un espace cognitif d’appropriation des disciplines constitutives d’un enseignement post gradué de niveau maîtrise, doctoral et post doctoral, en même temps que de recherche appliquée qui serait le propre de ces mêmes disciplines, le tout étant rattaché à l’Université des Nations Unies (UNU), dont le Head Quarter se trouve à Tokyo, et dont le Recteur est également, à ce titre, Secrétaire général adjoint de l’ONU. Subséquemment donc, l’UNU-IRRADA serait en quelque sorte le bras séculier académique de la communauté internationale pour l’atteinte des  » objectifs de développement durable (ODD) qui, faisant suite aux  » objectifs du millénaire pour le développement « , vont constituer l’épine dorsale de  » l’Agenda post 2015  » qui va être proclamé prochainement par l’AG de l’ONU (New-York).

Je dois, enfin, souligner qu’ayant inspiré ces deux projets, le CNES n’est plus directement concerné par le sort des entités qui en sont issues, dans la mesure où seule l’autorité gouvernementale compétente en a la responsabilité de la charge, du fait que le mandat d’acter les politiques publiques est du ressort exclusif de l’Exécutif gouvernemental. Si vous étiez donc désireux de vous informer des conditions et modalités de mise en œuvre de l’ASTA et de l’UNU-IRADDA, il conviendrait de vous adresser au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Laissez-moi vous dire, néanmoins, combien est grande ma satisfaction de voir ces institutions emblématiques prendre corps et substance, en vous priant de noter au passage que je me réjouis particulièrement de ce que l’ancien Recteur de  » l’Université   Y.  Benkhedda « , université désignée pour servir de siège à l’UNU-IRRADA, le professeur Tahar Hadjar vient d’être nommé à la tête du département ministériel qui en aura   la charge et ce, en lien étroit évidemment, avec le Recteur de l’UNU, le professeur  David Malone.

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